Education alternative


Voici une page dédiée à l'éducation et aux pédagogies alternatives, pour celles et ceux qui veulent faire progresser l'enseignement que l'on propose aux jeunes de notre société. Vous trouverez aussi des vidéos/documentaires sur des expériences d'écoles alternatives.

Réseaux, associations ou lieux alternatifs liées à l'éducation



Le Printemps de l'Education, mouvement citoyen fédérateur du renouveau éducatif (réseau France

 

Festival Ecole de la Vie, "construire ensemble l'école de demain" (réseau d'écoles alternatives francophones)

 

Communication Non Violente en Suisse romande, association qui propose des services pour le milieu scolaire

 

Faire l’Ecole En Liberté (FEEL), lieu d’activités et d’échange pour aider les parents vivant l'éducation à domicile

 

L’Ecolibre, espace de rencontres dédié aux apprentissages autonomes (familles pratiquant l'école à la maison)

 

Association AED, ateliers pédagogiques scolaires pour sensibiliser au problème du gaspillage alimentaire

 

Lobby des parents, association pour un libre choix de l’instruction et de l’école (section Vaud)

 

Association Dikeos sensibilise aux discriminations par l'âge (particulièrement les enfants et adolescents)

Projet d'école créative à Genève, avec une base de pédagogie en nature et Montessori


Projets et soutiens éducatifs (Suisse romande)



Projet Ecole Créative Genève, pour une école en nature avec pédagogie Montessori, art et jardinage

 

Projet École Vivante pour une Nouvelle Humanité (d'inspiration Sudbury) dans la région de Genève 

 

NaturEducation, coaching éducatif professionnel pour une éducation au naturel, avec Vanessa Beauverd

 

Education intégrale pour grandir en s'épanouissant, pour les enfants et les adolescents, avec Fabrice Dini

 

Accompagnement pour des jeunes étudiants en autonomie, en Suisse romande avec Guido Albertelli

Eco-crèches et Jardins d'enfants en Nature



La Bicyclette, éco-crèche en forêt selon le concept imaginé par Viktorie Škvarková (inspiré par des crèches en forêt, des écoles démocratiques et des jardins d'enfant en nature et fondé sur trois valeurs principales : nature, liberté et développement durable).

 

L’éco-crèche Eveil en Forêt est un lieu d’accueil préscolaire, accueillant également des enfants en âge scolaire jusqu’à l’âge de 6 ans les mercredis, qui se tient presque exclusivement en plein air, en toute saison et par tous les temps.

Ecoles alternatives en Suisse romande



EducaTerre, une école enfantine, une association et des activités nature pour apprendre autrement, à Sion

 

Les écoles Montessori, le plaisir d'apprendre ! (école de Châtel-St-Denis et liens vers les autres écoles) 

 

Les écoles et jardins d'enfant Rudolf Steiner de Suisse Romande (page de liens de l'école de Lausanne).

 

Article sur l'historique des Ecoles nouvelles en Suisse Romande (pédagogies Freinet, Montessori, Steiner...) 

Films et documentaires sur l'éducation alternative



Film documentaire "Une idée Folle" : Tourné dans neuf établissements scolaires en France, Une Idée Folle pose la question du rôle de l’école au XXIème siècle, à travers le témoignage d’enseignants, d’enfants, de parents ainsi que d’experts de l’éducation. À quels défis les citoyens de demain vont-ils devoir faire face et comment les y préparer ? En cultivant l’empathie, la créativité, la coopération, la prise d’initiative ou encore la confiance en soi et l’esprit critique chez les élèves, en parallèle des savoirs fondamentaux, les enseignants de ces écoles font un rêve fou : celui de former une future génération de citoyens épanouis et responsables qui auront à cœur de transformer positivement la société qui les entoure.


"Ecole en Vie", un film documentaire de Mathilde Syre : "Agnès, Héloise et Nicolas sont enseignants dans l’école publique. Ils ont choisi de pratiquer une pédagogie « active » dans leur classe, ils accompagnent les enfants vers plus d’autonomie et de confiance en soi. Freinet, Montessori, ils s'inspirent des grands pédagogues, mais au delà de la méthode se questionnent sur leur rôle d'enseignant. Ce film pose un regard sensible sur leur quotidien. L’école publique est en train de bouger, de l’intérieur. Il est temps d’ouvrir les yeux sur ce changement et de l’encourager".


Film "Schools of trust" de Christoph Schuhmann : existe-t-il des écoles où tous les enfants ont du plaisir à apprendre? A quoi peuvent-elles ressembler ? Est-ce que les personnes sortant de ces écoles réussissent dans la vie? Sur la base de ces trois questions, le film propose de découvrir des écoles démocratiques à travers le monde, en passant par l’Allemagne, les Pays-Bas, Israël, Porto Rico et les Etats-Unis. (description complète du film sur cette page du site EVNH)


Documentaire Demain : le film incontournable qui montre, à la fin du documentaire, un bel exemple de l'approche nordique de l'éducation et de la pédagogie... qui responsabilise l'enfant !!

 

Inviter les enfants à travailler ensemble, s'entraider, se poser des questions et trouver les solutions par eux-même ! Avec l'état d'esprit que la solution, la bonne réponse, ne vient pas forcément du professeur, mais de chacun d'eux ! Avec la joie d'expérimenter que l'on est plus intelligents ensemble  :-) !!


Autres expériences d'éducation alternative




Les lois naturelles de l’enfant, le site (et le livre) issu des expériences de Céline Alvarez qui fait une demande auprès de l’Education nationale qu’elle obtient : une école implantée dans un quartier défavorisé, une classe d’âges mélangés, des tests scientifiques annuels pour mesurer les progrès des enfants, ainsi qu’une carte blanche pédagogique totale. L’expérience a lieu à Gennevilliers, de 2011 à 2014. Pour mener cette expérience, Céline Alvarez a repris et développé les travaux du Dr Maria Montessori, qui avait déjà ouvert la voie dès 1907. Elle les a enrichis avec les avancées scientifiques contemporaines (...) Lire la suite

Révoltée par l’échec scolaire et les inégalités sociales, Céline Alvarez devient professeur des écoles en 2011. Après avoir obtenu carte blanche d’un conseiller de Luc Chatel, alors ministre de l’Education, son objectif est d'"infiltrer" l’Education nationale et de tester des méthodes d’enseignement révolutionnaires fondées sur un principe : l'autonomie. Les enfants sont aidés à choisir des activités constructives pour eux!

 

Durant trois ans, dans sa classe, 25 élèves de ZEP, de 3 à 5 ans, issus des milieux les moins favorisés de Gennevilliers et dont beaucoup accusaient déjà un retard, ont pu poursuivre une même activité aussi longtemps qu’il leur plaisait, origami, table de calcul, cubes ou laçage d’un ruban, etc. Ou passer de l’une à l’autre, à leur gré. Dans un climat de coopération, sans jugement ni pression de l’adulte, sans compétition.

 

Résultat ? En moins d’un an, ces enfants, dont cette pédagogue avait fait évaluer le niveau par le CNRS de Grenoble, ont rattrapé leurs lacunes. Y compris les non-francophones. Mieux, en fin de cycle de maternelle, au bout de trois ans, une grande majorité d'entre eux dépassait, haut la main, les attentes du sacro-saint programme. 

 

L'Education nationale a cependant coupé court à l’expérimentation. La jeune femme a alors flanqué sa démission et décidé de faire cavalier seul. Grâce à un blog, où l’on peut notamment regarder les vidéos qu’elle a prises de ses élèves en train de travailler ; à des conférences qui rencontrent un grand succès auprès des enseignants. Et grâce à un livre, "les Lois naturelles de l'enfant" (1), à paraître ce mercredi 31 août, et dont "l'Obs" publie les bonnes feuilles. Interview.

 

Vous dites, dans votre livre, que notre école a "tout faux", pourquoi ?

 

- 40% des élèves sortent du CM2 avec des retards en lecture et en mathématiques, ce qui les handicape lourdement pour la suite de leur scolarité. Ce constat est inacceptable. Comment imaginer que la moitié des enfants ou presque, ne soit pas en mesure d’apprendre à lire, écrire et compter, des savoir-faire élémentaires ? Je ne mets pas les enseignants en cause. Ils s’épuisent à pousser sans arrêt des enfants démotivés. C’est donc la méthode qui n’est pas adaptée. 

 

Notre école est fondée sur des traditions jamais remises en cause : elle rassemble les enfants par âge, elle choisit leurs activités et confie à un maître le soin de déverser vers eux des connaissances. Or les recherches récentes des neurosciences et de la psychologie cognitive prouvent que l’esprit humain n’apprend pas de cette façon. Comme de nombreux pédagogues l’avaient pressenti, à commencer par Maria Montessori, on sait maintenant que l’enfant apprend en agissant. Et ce, dès la naissance !

 

Le bébé est naturellement avide d’expériences, il explore le monde autour de lui. Il apprend à parler sans manuel, simplement en échangeant avec nous. A quelques mois, il peut détecter une erreur grossière d’addition, ou repérer une erreur dans une autre langue que la sienne. Il possède une mécanique d’apprentissage époustouflante. Mais l’école, qui ne la prend pas en compte, a tendance à l’étouffer.  (...)

 

Après votre master en sciences du langage, en 2009, vous passez le concours de professeur des écoles et convainquez un conseiller du ministère de vous donner carte blanche pour trois ans dans une maternelle de ZEP. Qu’y avez-vous instauré ?

 

- J’ai renversé la situation. Dans ma classe, les enfants étaient autonomes et choisissaient leurs activités parmi une centaine d’autres que j’avais sélectionnées. Je les leur présentais, à chacun d’eux, et je les guidais la première fois ; puis ils les reprenaient sans mon aide. Ils apprenaient principalement seuls, portés par leur curiosité. Ils apprenaient aussi les uns des autres !

 

La classe se composait d’enfants de trois, quatre et cinq ans. Ils s’entraidaient et s'"enseignaient" mutuellement, spontanément. La classe pouvait étonner les visiteurs. Elle ressemblait à une ruche : on y voyait au même moment des enfants dessiner, classer des formes géométriques, coudre, découvrir des lettres, reconstituer le puzzle de la carte du monde ou faire une addition avec des bâtons de perles….Et ils pouvaient répéter leur activité autant de fois qu’ils le souhaitaient. 

 

Vous n’avez pas eu peur que ce soit le bazar ?

 

- Pas vraiment. J’étais convaincue que l’activité du groupe serait très ordonnée si chacun pouvait vaquer à ce qui l’intéressait. Les plus jeunes, sans trop se poser de questions, choisissaient leurs activités, la faisaient avec beaucoup de concentration, et recommençaient jusqu’à se sentir satisfaits. J’ai vu un enfant se passionner pour les origamis, reprenant sans se lasser, jusqu’à faire un pliage parfait.

 

Mais j’ai été stupéfaite de voir que ceux qui avaient déjà passé un ou deux ans dans une autre maternelle étaient un peu désemparés. Ils étaient comme "décentrés", continuellement accrochés au jugement de l’adulte, incapable de choisir leur activité si je ne leur disais pas quoi faire, et incapables de juger par eux-mêmes leur travail.

 

Ça m’a fait mal de voir sur des enfants de 4 ans les dégâts du système éducatif traditionnel. Je passais à côté d’eux dans la classe, et je les sentais tellement en souffrance, si désireux que je les rassure sur ce qu’ils avaient fait : "C’est bien, Céline ?" Je leur répondais : "Et toi, qu’en penses-tu ? Tu es content de toi ?" Il leur a fallu beaucoup de temps pour qu’ils retrouvent leur propre motivation, leur élan intérieur. 

 

Vous voulez dire qu’au fond, il n’y aurait pas besoin de professeur dans la classe ?

 

- Non, bien sûr ! Il ne suffit pas de placer un enfant au milieu d’un environnement stimulant, une salle remplie de jeux par exemple, pour qu’il apprenne seul. Il a constamment besoin d’un guide, d’un "étayage" bienveillant. Ça le rassure et lui donne les connaissances de base à partir desquelles il peut explorer et expérimenter. Il n’y a pas d’apprentissage possible sans cet échange et cette interaction. C’est d’ailleurs l’attitude qu’adoptent spontanément les parents et les enseignants, quand les conditions le leur permettent.

 

Les élèves de votre classe ont dépassé haut la main toutes les exigences du programme et bien au-delà, comment cela a-t-il été rendu possible ?

 

- Les enfants avaient le droit de se tromper ! Un des contresens majeurs de l’école, c’est de sanctionner sans arrêt l’erreur. Or elle est constitutive de l’apprentissage. Comme le montrent les travaux en psychologie cognitive, l’enfant apprend en se trompant.

 

Face à une situation, quelle qu’elle soit, son cerveau génère des prédictions. Il formule des hypothèses. Par exemple, d’après sa forme, cet objet est mou. L’enfant avance la main, et si l’objet est dur, il réajuste ses connaissances. Il ne peut donc apprendre de l’expérience d’un autre. Mais s’il a peur de s’engager, c’est tout le processus d’apprentissage qui est paralysé. Cette observation vaut d’ailleurs pour tous les âges de la vie…

 

Vous avez pu mesurer les progrès de vos élèves ?

 

- J’avais l’autorisation du ministère d’évaluer leurs progrès, sans qu’il m’ait pour autant délivré un document de cadrage officiel. La première année, ces tests ont été réalisés par le CNRS de Grenoble, et ils étaient très positifs. Tous les élèves sauf un avaient progressé beaucoup plus vite que la norme ! Certains étaient déjà rentrés dans la lecture. De leur côté, les parents notaient qu’à la maison, leur enfant était devenu plus calme, plus prêt aussi à aider les autres. 

 

Les deux années suivantes, comme je n’avais toujours pas de document officiel, même si j’avais des visites d’inspecteurs de l’Education toutes les deux semaines dans ma classe, ces évaluations ont été interdites. J’ai tout de même organisé des tests scientifiques en dehors de l’école, avec une quinzaine d’enfants. Les résultats confirmaient ceux de la première année.

 

Une majorité des enfants avaient dépassé les fameuses exigences du programme. D’autres, qui avaient des retards considérables, avaient au moins rattrapé la norme. Je me souviens de cette petite fille bègue, terriblement timide. L’orthophoniste qui la suivait a été époustouflée par ses progrès, la façon dont elle s’est épanouie. En définitive, la majorité des enfants avait un à deux ans d’avance. Alors qu’ils venaient tous de milieux modestes. Cet enseignement par l’expérience, l’autonomie et l’entraide est aussi le moyen de corriger les inégalités sociales. 

 

L’expérience a été concluante, saluée par les enseignants comme par les chercheurs… Et pourtant l’Education nationale a coupé court. C’est un peu désespérant, non ?

 

- On m’a annoncé qu’on me retirait le matériel, la classe avec trois niveaux. Sans explication. Mais j’ai décidé de continuer ma route ailleurs avec une liberté et une rapidité que l’Education nationale n’aurait pas pu m’offrir. J’ai démissionné de mon poste et j’ai lancé un blog sur lequel j’ai mis en ligne des vidéos de la classe et des contenus sur lesquels je m’étais appuyée. Depuis sa création, il est très visité par les parents et les enseignants.  

 

Pour répondre à cette demande, et aider les enseignants qui le souhaitent à transformer leurs pratiques, j'ai d'un côté proposé des conférences que nous mettons en ligne ensuite. De l'autre, j'ai écrit ce livre pour partager avec les parents les grands principes humains d'apprentissage et d'épanouissement. Pourquoi?  Parce qu'au fond nous les connaissons déjà intuitivement, mais nous les oublions parce qu'ils ne vont pas dans le sens du fonctionnement scolaire traditionnel. La véritable révolution ne viendra pas d'une autre nouvelle méthode, elle se fera lorsque nous appliquerons ce que nous savons déjà dans nos coeurs. Laissons les enfants suivre leurs élans. Faisons leur confiance pour apprendre, aidons-les à révéler leurs pleins potentiels.

 

Propos recueillis par Caroline Brizard et Véronique Radier
(NouvelObs.com, 30.08.2016)

 

(1) "Les Lois naturelles de l’enfant. La révolution de l’éducation. A l’école et pour les parents", par Céline Alvarez, Les Arènes.


Education et pédagogies alternatives : comment éduquer, enseigner ou apprendre autrement en Suisse romande et francophonie